Arrêter les pailles en plastique ? Ne nous voilons pas la face!

Les pailles en plastique font parties des dix déchets les plus souvent retrouvés sur les côtes. Des associations se battent contre ce fléau et leurs démarches commencent à porter ses fruits puisque le parlement et le conseil européen sont tombés d’accord en septembre 2018 pour bannir huit familles de produits jetables d’ici 2021 dont les pailles en plastique (il y a aussi les couverts, assiettes, contenants alimentaires et gobelets en polystyrène expansé, touillettes, cotons-tiges et tiges pour ballons).

Les pailles en plastiques étant de petites tailles, elles sont très difficilement recyclables et se retrouvent ainsi souvent dans les océans où elles se morcellent. Les animaux confondent alors ces morceaux de plastique avec de la nourriture… et comme nous consommons du poisson ce plastique se retrouve finalement dans notre assiette sous forme de microparticules indétectables à l’œil nu.

La quantité de plastique dans les océans a atteint un volume impressionnant. Pour preuve selon un rapport de la fondation Ellen MacArthur, si rien ne change en 2050 la masse de plastique dans l’océan sera supérieure à celle des poissons.

Je pense que nous devons arrêter d’utiliser des pailles en plastiques, d’autant que d’autres alternatives existent comme les pailles en aluminium (chez Gaspajoe par exemple) ou les pailles en bambou. Mais le souci des pailles en France (ou en Europe) c’est que c’est un peu l’arbre qui cache la forêt. Même si chaque geste compte arrêter d’utiliser ces objets ne résoudra pas vraiment le problème de pollution au plastique des océans pour 2 grandes raisons :

90% du plastique présent dans les océans provient d’Afrique ou d’Asie

Recycler le plastique, stopper l’utilisation des sacs en plastique aux caisses des magasins ou interdire l’utilisation des pailles en plastique parait bien dérisoire lorsqu’on sait que plus de 90% du plastique dans les océans provient d’Asie et d’Afrique. D’après un rapport publié en Allemagne par le Helmoltz Centre for Environmental Research en décembre 2017, 10 cours d’eau approvisionneraient les océans en plastique à hauteur de 90% du volume total des déchets. Ces cours d’eau sont le Nil, le Niger, le Gange, l’Amour, le Mekong, la Rivière des Perles, le Hai He, le Fleuve Jaune et le Yang-Tsé.

L’Asie et surtout l’Afrique, en plus de pâtir d’une très mauvaise gestion des déchets, sont pour certains pays occidentaux considérés comme une sorte de poubelle où on y envoie tous les déchets dont on ne sait que faire (vieilles voitures ou vieux ordinateurs). Nous sommes donc en partie à l’origine des déchets que rejettent ces pays.

70% des déchets plastiques flottant à la surface des mers provient des équipements de pêche

Ce n’est pas le plastique que nous utilisons au quotidien qui contribue le plus à la pollution des océans mais une chose beaucoup moins visible : les équipements de pêches abandonnés par les chalutiers. Ces derniers représentent 70% des déchets plastiques qui flottent à la surface des océans. Chaque année ce serait 640 000 tonnes de matériels de pêche (filets par exemple) qui seraient jetés dans les océans. En plus d’entraîner une pollution énorme ces déchets sont à l’origine du décès de nombreux animaux comme les phoques, les tortues ou les oiseaux de mer qui sont pris au piège dans ces filets. Pour participer activement à la préservation des milieux marins il peut donc être judicieux de limiter fortement sa consommation de poisson (ou de le supprimer de notre alimentation).

Ces deux points montrent qu’arrêter de consommer des pailles ne résout pas vraiment le problème de la pollution au plastique des océans. Néanmoins ce geste à l’avantage d’être concret, facile à mettre en place et nous donne l’impression de participer activement à la protection de l’environnement.

Et vous que pensez vous de ces campagnes anti-pailles ?

Belle journée,

 

Flore

 

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