Bio, vegan : quand les industriels surfent sur les tendances

Au départ les produits biologiques n’étaient présents que dans de petits magasins à la décoration un peu vieillotte. Puis le bio est devenu à la mode et à commencer à envahir les rayons des supermarchés. Les industriels ont senti que les consommateurs voulaient consommer mieux et ont très vite décidé de surfer sur la vague du bio pour augmenter leur chiffre d’affaires.

Aujourd’hui Carrefour et Leclerc se disputent la place de premier distributeur bio en France. Leclerc indique générer un chiffre d’affaires dans le bio de 1.3 milliard d’euros contre 1.2 milliards d’euros pour l’enseigne spécialisée Biocoop.

Les industriels ont profité des largesses du label AB, calqué sur le label européen pour se développer dans le bio rapidement.

En effet le label AB par exemple uniquement que les cultures soient exemptes de pesticides. Il n’y a aucune exigence concernant les méthodes de production ou les conditions de travail des ouvriers agricoles. Ainsi, comme je l’avais évoqué dans cet article beaucoup de tomates vendues dans les supermarchés sont produites dans des serres en Andalousie par des travailleurs parfois sans papiers.

Pour lutter contre les dérives du bio le Conseil économique social et environnemental milite pour la création d’un label AB plus cohérent, plus local et plus éthique. Le conseil propose l’instauration de règles concernant le lieu de production afin d’éviter une pollution trop grande due au transport ainsi que de règles concernant la saisonnalité et la juste rémunération des producteurs.

Car avec l’essor du bio industriel ce sont les agriculteurs qui sont les premiers touchés. Si le bio continue de se développer de la sorte nous allons reproduire les mêmes dérives que dans l’agriculture conventionnel avec une pression accrue sur les prix et des prix d’achat qui ne permettent pas aux producteurs de vivre décemment de leur travail.

Il faut agir vite car une fois que la grande distribution aura capté la grande majorité du marché du bio il sera difficile de faire marche arrière.

Après le bio les produits vegans

Ces dernières années les industriels ont vu apparaître une seconde manne : l’appétence des consommateurs pour les produits végétaux. Comme pour le bio ils n’ont pas tardé à rentrer sur le marché.

Même si les personnes ayant adopté un régime alimentaire végétalien ne représentent encore que 0.4% de la population, la proportion de personnes qui consomment moins de produits animaux croit de façon exponentielle.

Pour des marques de produits de produits laitiers ou de charcuteries cette tendance peut être un peu effrayante. Heureusement les industriels sont plein de ressources : au lieu de vendre des steaks de bœuf pourquoi ne pas vendre des steaks végétaux ? Mais quelle idée de génie ! D’autant plus que niveau rentabilité c’est le jackpot puisque qu’il faut 7kg de végétaux pour produire un kilo de viande. Produire des steaks végétaux coûte donc beaucoup moins cher mais permet de vendre au même prix. Ainsi les steak « Le bon végétal » d’Herta sont vendus au prix d’environ 19.9€/kg soit le même prix que les steaks bio de marque Auchan (19.4€/kg).

Pour les produits laitiers « végétaux » les choses sont aussi intéressantes. C’est pour cela que Danone n’a pas tardé à s’engouffrer dans la brèche avec sa gamme Alpro à base de lait végétal. Les 4 yaourts végétaux Alpro cerise/myrtille qui ne contiennent que 7.2% de soja (un peu de sirop de glucose aussi d’ailleurs en passant) sont vendu 5,18€/kg contre 4.72€/kg pour les yaourts bio de la marque « Vrai » à la vanille. Selon les industriels un yaourt une infime quantité de soja couterai plus cher à produire qu’un yaourt composé de lait biologique…

Sans compter parfois le fait que les produits végétaux vendus par les industriels offrent souvent de petites surprises dans leur composition. Ainsi les yaourts végétaux Andros sont enrichis en phosphates de calcium, vitamine A, vitamine E et vitamine C… Même chose pour les produits Alpro qui sont aussi enrichis en calcium et diverses vitamines. C’est très certainement pour éviter les carences des pauvres végétaliens malnutris !

Les industriels vont continuer d’essayer de croitre dans les secteurs en forte croissance que sont le bio et le végétal. Ne nous laissons pas berner par leur discours prônant le « manger mieux » ou le respect des hommes et de la nature alors que seule compte pour ces sociétés la rentabilité à tout prix.

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4 commentaires

  1. Très bon article
    Je dérive un peu de sujet, mais c’est toujours en rapport avec l’alimentation végane. Est-ce que cette dernière permet de couvrir ses besoins en protéines et en certains minéraux comme le fer, par exemple ?
    Merci beaucou^p

    1. Merci beaucoup Emilie.
      Si elle est bien équilibrée l’alimentation végane n’entraîne pas de carences en protéines ou fer. On trouve des protéines dans les céréales par exemple. Pour ce qui est du fer il faut savoir que les personnes vegan ne sont pas plus carencées en fer que les autres personnes. On trouve du fer dans les céréales, les épinards, les abricots secs ou le chocolat noir.

      La seule chose qui n’est pas présente en quantité suffisante dans une alimentation végane est la vitamine B12. Cette vitamine est indispensable au bon fonctionnement de notre organisme et il est donc indispensable de se supplémenter.

      J’espère avoir répondu à ta question.

      Bon week end,

      Flore

  2. Merci pour ton retour !
    Pour l’épinard je crois que c’est une légende qui est due à une erreur de virgule.
    Je vais donc acheter des compléments pour le vitamine B12.
    Sinon, j’ai trouvé une application Fitatu qui me permet de tracker mes macros et pour moi mes apports protéiques et en certains minéraux, c’est vraiment bien.
    Bon week-end à toi

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