Compte rendu de mon possible dernier marathon à Lisbonne

marathon lisbonne

Courir le marathon de Lisbonne faisait partie de mes objectifs depuis deux ans. En 2018, j’ai eu la chance de courir le semi-marathon de Lisbonne et cela m’a donné encore plus envie de courir le marathon dans cette ville que j’adore.

Un an plus tard j’étais donc sur la ligne de départ, prête à partir pour un peu plus de 42km. Ce n’était pas mon premier marathon mais le stress était bel et bien présent. Pour rappel j’avais déjà participé au marathon d’Amsterdam, au marathon La route du Louvre et au marathon de Reims.

J’avais très à cœur de passer pour cette quatrième fois sous la barre des 4h. J’ai dû néanmoins oublier cet objectif assez rapidement, mon entraînement n’étant vraiment pas à la hauteur de ce chrono.

Comme pour chaque course, j’ai eu énormément de mal à suivre un plan d’entraînement et à courir aussi souvent que nécessaire. Je n’ai jamais dépassé les vingt kilomètres en sortie longue et n’ai quasiment pas fait de fractionnés.

La première partie du marathon

Le départ du marathon se situait à environ 30km de Lisbonne, à Cascais. Le parcours promettait d’être des plus agréables avec plus de 20km le long de la côte.

L’inconvénient est qu’il a fallu se lever assez tôt pour prendre un train bondé permettant de relier le départ. Une fois arrivée à Cascais tout est passé très vite et après un rapide passage aux toilettes, je suis arrivée une minute avant le top départ dans mon sas.

Cela avait beau être mon quatrième marathon, j’étais plutôt très stressée avant de franchir la ligne. Si je savais que j’allais terminer ce marathon, j’avais peur que mon chrono soit vraiment catastrophique. J’avais aussi peur de souffrir, à raison puisque sur un marathon (en tout cas pour moi) on souffre toujours.

Afin de boucler mon marathon en 4h, je devais courir à environ 5’40/km. Je savais que si je partais à cette allure, je n’allais jamais tenir 42km. J’ai donc préféré partir à mon rythme pour ensuite accélérer par la suite si je le pouvais.

Je suis donc partie avec une allure proche des 6’00/km. Les 15 premiers kilomètres se courent sous la forme d’un aller-retour avec un demi-tour au 7ème kilomètre. Placer un demi-tour au début était une idée judicieuse de l’organisation parce qu’un demi-tour à la fin du parcours, c’est vraiment de la torture.

Le plus dur dans un marathon, c’est de voir le 10ème kilomètre et se dire : il m’en reste encore 30 à courir. Sur les premiers kilomètres, j’essayai de rester très concentrée afin de courir à une allure la plus stable possible. La majorité du temps, j’arrivais à rester aux alentours des 5’40 à 5’50/km.

La deuxième partie de course

Jusqu’au 18ème kilomètre je me suis sentie vraiment bien même si je savais déjà que je pouvais oublier mon objectif puisque je ne courrais que très rarement sous les 5’50/km.

Mon objectif était maintenant de faire du mieux que je pouvais et de battre mon chrono du marathon de Reims qui était de 4h10 (avec un parcours présentant pas mal de dénivelé).

Pour la première fois depuis que je cours des courses officielles, j’ai décidé d’écouter de la musique. J’avais absolument envie de rester la plus concentrée possible et je me disais que la musique pourrait m’y aider.

A chaque faux plat montant, j’avais l’impression de gravir une colline ce qui avait tendance à me désespérer.

Au 30ème kilomètre, j’étais encore plutôt en forme mais je savais que c’était encore loin d’être fini. Lorsque tu as déjà couru 30km, 12km cela devient très très long ! 

A partir du kilomètre 32, cela a commencé à être vraiment difficile. Ma stratégie lors des marathons est de marcher à chaque point d’eau ou chaque ravitaillement solide. Comme il faisait plutôt chaud ce jour-là, l’organisation avait installé des points d’eau supplémentaires. Il y en avait tous les 2.5km… donc tous les 2.5 km je marchais. Autant dire que mon allure n’était pas des plus rapides.

A force de m’arrêter et de marcher, j’avais de plus en plus de mal à repartir. Je crois que je n’ai jamais eu aussi mal aux jambes.

Même si lorsque j’ai commencé à vraiment souffrir il ne me restait que 4km, je me suis vraiment demandé comment j’allais arriver au bout de ce marathon.

Heureusement le mental a été le plus fort et j’ai réussi à courir jusqu’au bout et à franchir la ligne d’arrivée après 4h05 d’effort, un peu déçue mais heureuse d’avoir limité les dégâts.

Pourquoi je n’ai plus très envie de courir la distance marathon ?

Lorsque je fais le bilan de cette course, je me dis que c’était quand même beaucoup de souffrance et peu de plaisir.

Courir 42km c’est difficile, vraiment très difficile. En trail, on peut marcher et reprendre des forces pour repartir de plus belle, en marathon c’est impossible si on souhaite réaliser un chrono honorable.

Ensuite, une fois rentrée à l’appartement à Lisbonne, je me sentais vraiment très faible. Je trouvai ça dingue d’être beaucoup plus faible qu’après 80 km de trail. C’est à ce moment que j’ai compris que courir un marathon n’était vraiment pas anodin pour le corps.

Le fait que le marathon engendre beaucoup de souffrance et qu’il ne soit pas forcément bon pour mon corps fait que je ne sais pas si me relancerai sur la distance. J’ai extrêmement envie de courir une fois dans ma vie le marathon de Paris mais je ne sais pas si j’ai envie de revivre les dix derniers kilomètres d’un marathon ainsi que les quelques heures qui lui succèdent.

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