Compte rendu du 80km Nord Trail Monts de Flandres

Une fois n’est pas coutume : qui dit course dit compte rendu ! J’ai participé ce dimanche 21 avril au Nord Trail Monts de Flandres sur la distance 80km, un gros challenge pour moi alors que je n’ai presque jamais fait de trail et que je n’ai jamais couru plus de kilomètres qu’un marathon. Cependant, malgré quelques difficultés tout s’est plutôt bien fini !

Un gros challenge

Comme je l’avais déjà évoqué dans un précédent article je n’ai pas trop réfléchi lorsque je me suis inscrite sur cette épreuve en novembre dernier. Je me suis dit en m’inscrivant « quitte à courir plus que le marathon autant faire les choses à fond », chose qui n’était peut-être pas très judicieuse étant donné que je n’avais presque aucune expérience en trail. Jusqu’alors je n’avais couru qu’un seul trail de 14km dans les Vosges en février 2018. Ce qui m’a rassuré c’est que le dénivelé n’est pas très important sur les 80km de la course : seulement 1600 m de D+. C’est très peu pour un trail de cette distance même si cela reste tout de même assez compliqué de gérer un tel dénivelé sur une distance aussi longue.

J’ai commencé ma prépa fin janvier à raison de 3 entrainements par semaines : une séance de fractionné, une séance courte d’endurance et une sortie longue allant de 2 à 4h30. La plupart de mes séances furent sur du plat, et hormis à Montmartre je n’ai pas vraiment travaillé le dénivelé.

Jusqu’à quelques jours avant la course, j’étais plutôt confiante. J’avais couru 35km sans encombre à l’entraînement et je me disais qu’en alternant la marche et la course je devrais réussir à boucler ces 80km sans encombre. Mais 2 jours avant la course j’ai eu un énorme coup de stress : j’ai vraiment réalisé que 1600m de D+, même si cela reste peu pour un trail, ce n’était pas rien, et que je n’avais pas vraiment travaillé ce dénivelé au cours de la prépa. De plus courir le long des champs ou dans la forêt ce n’est pas la même chose que de courir sur du plat.

Franchir la ligne d’arrivée n’était pas gagné d’avance

80km c’est déjà beaucoup mais lorsqu’il faut gravir 5 monts c’est encore plus difficile ! Inutile de dire que j’étais extrêmement stressée le samedi avant la course surtout que je n’avais pas beaucoup dormi les jours précédent et que je me demandais comment j’allais tenir une telle distance dans ces conditions.

J’ai eu énormément de difficulté à dormir la nuit de samedi à dimanche et j’étais déjà réveillée depuis un petit moment lorsque mon réveil a sonné à 4h15 du matin.

Après un petit déjeuner rapide à base de pain au muesli et de banane nous avons pris la route avec mon frère pour nous rendre sur la ligne de départ située à Bailleul dans le nord de la France.

Comme la course est longue, le départ a lieu très tôt : à 6h du matin. Je n’ai pas attendu longtemps derrière la ligne de départ ce qui m’évité de stresser durant de longues minutes. C’est une sensation bizarre de se dire qu’on part pour une balade de 80km et qu’on arrivera qu’en fin de journée si les choses se passe bien.

A 6h le top départ est lancé et nous nous dirigeons très vite dans la campagne. Il fait très vite clair et j’ai rapidement pu éteindre ma lampe frontale. Les 4 premiers kilomètres sont assez plats et l’allure est assez soutenue, aux alentours de 6min/km.

Très vite, nous commençons à grimper dans la forêt et donc à alterner la marche et la course. Dès le départ j’ai pris la décision de préserver mes forces et de toujours marcher lorsqu’il y avait un peu de dénivelé.

Le premier ravitaillement était situé au kilomètre 13. Je ne m’y suis pas arrêté longtemps pour parcourir le plus de distance possible pendant qu’il faisait encore frais. Car difficulté supplémentaire : il faisait plutôt très chaud ce dimanche et il y avait pas mal de passages en plein soleil sur le parcours.

Après 5 min de pause où j’ai mangé quelques fruits secs et bu un peu d’eau je suis repartie dans la forêt pour parcourir les 18 km qui nous séparaient du ravitaillement du 31 ème kilomètres. Ces 18 km furent plutôt difficiles avec des belles montées en forêt qui m’ont donné de belles douleurs aux cuisses dès le 25ème kilomètres. Ces douleurs m’ont quelques peu inquiété alors que je n’avais parcouru pour le moment que moins qu’un tiers du parcours.

Comme au premier ravitaillement, je suis restée très peu de temps au deuxième ravitaillement pour avancer le plus rapidement possible. Le prochain ravitaillement étant situé au km 43 j’avais 12 km à parcourir. Je sentais à ce moment encore plutôt bien même si je n’étais pas vraiment rassuré en pensant qu’il me restait plus de 40km à parcourir jusqu’à l’arrivée. En effet je commençais à fatiguer un peu et courir devenait de plus en plus difficile.

Après le passage du marathon, place au 3ème ravitaillement. Etant plutôt entamée physiquement j’ai fait le choix de faire une pause un peu plus longue et de prendre le temps de m’assoir quelques instants à l’ombre, d’autant qu’il commençait à faire vraiment très chaud. Je suis ensuite repartie en marchant doucement, je n’avais plus d’énergie pour courir et j’ai commencé à avoir de grosses douleurs au ventre. A ce moment j’ai commencé à me demander comment j’allais bien pouvoir terminer cette course d’autant que plus les kilomètres avançaient et plus mon état s’empirait. Voir tout le monde me dépasser en courant me déprimait alors que j’avais bien des difficultés à simplement marcher.

Alors que le 4ème ravitaillement était prévu au kilomètres 59, je me suis vraiment demandé comment j’allais arriver jusque-là. Au km 50, alors qu’il me restait 9 km à parcourir j’ai commencé à penser de plus en plus à l’abandon et au km 53 il était évident que j’allais abandonner, je ne savais même pas comment j’allais rejoindre le prochain ravitaillement. Marcher sur du plat était déjà difficile mais en montée c’était tout simplement l’enfer.

Mais à un moment, miracle, un bénévole nous a indiqué : ravitaillement dans 2km. Le ravitaillement que je pensais au km 59 était en réalité au km53. Ce fut pour moi la délivrance : je pouvais arriver au prochain ravitaillement, me reposer un peu et voir ce que j’allais faire ensuite.

Je me suis assisse 5-10 min au ravitaillement, j’ai bien mangé, mis de la poudre énergisante dans mon eau et je suis passée aux toilettes. A ce ravitaillement les bénévoles nous ont appris que le parcours faisait en réalité 76 km et non 80km : il ne restait donc que 21 km à parcourir dont 12 km avant le prochain point d’eau.

Je suis repartie doucement du ravitaillement et me disant que j’allais venir à bout de ces 21km. Par miracle j’ai eu rapidement un retour d’énergie qui m’a permis de courir une bonne partie des 12km qui me séparait du prochain point d’eau. A ce moment les kilomètres sont passés hyper vite et plus j’avançais plus j’étais sûre de franchir la ligne d’arrivée. J’étais tellement heureuse ce qu’il se passait alors que 10 km plus tôt j’étais presque sûre de ne jamais passer cette ligne d’arrivée.

Afin de finir dans les meilleures conditions possibles, j’ai pris le temps de me restaurer un peu et de bien m’hydrater au point d’eau du km 66. Puis je suis partie à l’assaut des 10 derniers kilomètres avec de belles montées et quelques escaliers pour clôturer cette journée riche en rebondissements.

Les derniers kilomètres en plein champs et en plein soleil furent assez long d’autant que je n’avais plus vraiment la motivation de courir.

Puis après 10h50 d’effort est venu l’heure de franchir la ligne d’arrivée. A ma grande surprise je n’ai même pas pleuré et j’étais plutôt en bonne forme : j’ai même réussi à courir sur les 500 derniers mètres.

Je n’en revenais pas et je n’en reviens toujours pas d’avoir parcouru une telle distance ! D’autant que je ne le savais pas au départ, mais le parcours était plus difficile que l’an passé !

Et après ?

Le lendemain sans surprise j’avais quelques courbatures mais j’arrivais tout de même à marcher sans trop de difficultés. Ce qui m’a vraiment étonné c’est que je n’étais pas plus fatigué que d’habitude alors que j’avais quand même fait près de 11h d’effort. Le corps a vraiment des ressources insoupçonnées !

Avec du recul je me dis qu’en m’entraînant un peu mieux je pourrais vraiment améliorer mon chrono. Pour le moment je n’ai pas envie de faire d’autres trails long de ce type car cela reste des épreuves qui sont très difficiles.

En 2019, j’aimerai repasser sur distance marathon pour améliorer mon chrono et faire quelques petits trails un peu plus court pour prendre un peu plus de plaisir et pourquoi pas varier un peu les sports.

 

Et vous avez-vous déjà couru un trail ?

Belle journée,

 

Flore

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