La face cachée du bio low cost

Même si le reportage « la face cachée du bio low cost » a été diffusé sur France 5 il y a une semaine je me suis dit qu’il n’était pas trop tard pour en faire un petit résumé. D’autant que c’était déjà une rediffusion d’un reportage datant à l’origine de 2016.

Le marché du bio en France représente aujourd’hui un enjeu colossal puisqu’il s’élève à 7Md€. La moitié des produits biologiques sont aujourd’hui acheté en supermarché où les linéaires bios ont crû de façons exponentielle. Les supermarchés achètent leurs produits en gros dans le monde entier ce qui fait que les produits biologiques qu’on trouve dans ces magasins sont en moyenne 10 à 20% moins chers que dans les magasins bio traditionnels.

Ce bio acheté à bas prix, même s’il correspond aux exigences en terme de pesticides, est loin d’être un bio éthique. Par exemple les tomates bio qu’on retrouve dans les hypermarchés en plein hiver à prix dérisoire proviennent d’énormes serres en Andalousie qu’on surnomme parfois terre de plastique tellement les bâches en plastiques s’étendent à perte de vue. Chauffer des serres tout l’hiver conduit à un bilan carbone désastreux, en totale opposition avec l’esprit initial du bio qui promeut le respect de l’écosystème. En fait on peut produire des produits avec un label bio de façon très industriels représentant un désastre pour la planète.

De plus le label bio n’encadre pas le respect des travailleurs, le cahier des charges est principalement agronomique. Dans les serres andalouse de nombreux ouvriers travaillent dans les serres bio pour un salaire de misère (35€ pour 8 heures) et parfois même de façon illégale.

Comme le mentionne justement un agriculteur français, le bio c’est «  produire ce que la nature nous donne en respectant ceux qui font vivre cette nature ».

Le documentaire s’intéresse ensuite à la viande et notamment au jambon. Le jambon bio est fabriqué à partir de porc nourris avec des produits provenant de l’agriculture biologique, qui ont un accès extérieur et qui ne subissent pas de traitements antibiotiques préventifs. Mais la majorité des jambons bio contiennent un conservateur classé potentiellement cancérigène : le E 250 ou sel nitrité. Ce conservateur sert principalement à fixer la couleur du jambon qui sans lui deviendrait grisâtre et donc moins alléchant pour les consommateurs. Cet additif est interdit aux Etats-Unis mais autorisé en agriculture biologique en France sauf chez le label Nature et Progrès. Le jambon sans sel nitrité est logiquement plus cher avec un prix au kilo de 46€ contre 38€ pour le jambon bio Fleury Michon.

Au niveau de l’abattage le bio n’est pas non plus la panacée. Des vidéos montrant des scènes d’abattages cruelles ont été tournées dans un abattoir certifié bio. Il n’y a pas de différence au moment de l’abattage entre un cochon bio et un cochon non bio.

De plus pour en revenir aux cultures les semences appartiennent aujourd’hui majoritairement aux compagnies semencières comme Monsanto et Syngenta, et ce même en bio. Les espèces anciennes ne sont majoritairement pas autorisées à la vente ce qui freine la biodiversité. Le bio est contrôlé par les même grands acteurs que l’agriculture traditionnelle.

Le reportage se termine en parlant de la chaîne Biocoop, qui a mis en place un réseau d’éleveur pour s’approvisionner en France en produits de qualité. Biocoop prend en charge une partie du risque lié à la transformation en bio pour inciter les agriculteurs à effectuer la transition.

En résumé la morale de ce reportage, qui ne nous apprend rien de fondamentalement nouveau, est que revenir aux produits locaux reste la meilleure garantie de qualité. Le label bio ne suffit pas à garantir la véritable qualité des produits.

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