Faut-il arrêter de produire de l’huile de palme?

C’est un rapport au titre on ne peut plus étonnant qu’à publié le 25 juillet l’IUCN (Union internationale pour la conservation de la nature). A l’heure où on a tendance à penser en France qu’il faut interdire la culture d’huile de palme, ce rapport nous dit que ce n’est pas forcément la bonne chose à faire.

Ce qu’il est intéressant de souligner c’est que ce rapport a été cosigné par Marc Ancrenaz, le fondateur de l’ONG Hutan, qui vient en aide aux Orangs-outans et milite pour leur survie. Marc Ancrenaz n’est donc, on peut raisonnablement le penser, pas proche du tout du lobby industriel.

Il faut tout d’abord rappeler qu’on ne trouve des orangs-outans que sur les îles de Borneo (Malaisie) et Sumatra (Indonésie). Il existe aujourd’hui 3 espèces de ces animaux, qui sont toutes en danger d’extinction. Sur Borneo environ 100 000 animaux ont disparu sur les 20 dernières années. Au total la population d’orangs-outans a décliné de près de 75% sur les 50 à 60 dernières années. A ce jour les scientifiques estiment qu’ils restent environ 80 000 à 100 000 orangs-outans sur l’île de Borneo.

D’après une récente étude publiée dans la revue Nature Communications, convertir un hectare de forêt primaire en plantation d’huile de palme entraîne une libération de carbone de 174 tonnes, carbone qui se retrouvera dans l’air sous forme de CO2. Cela représente l’équivalent d’un trajet en avion de 530 personnes de Genève à New York. Ce qui est encore plus alarmant c’est que les rejet de carbone sont supérieurs de 21% à ceux qui avaient été anticipé par le GIEC (groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat).

Aujourd’hui les multinationales cultivent 18 millions d’hectares de palmier à huile et les plus petits acteurs environ 6 millions d’hectares. Même si ce chiffre paraît énorme cela ne représenterait selon Marc Ancrenaz que 4 à 5% de toutes les terres agricoles allouées à la production d’huile végétale. L’impact sur la déforestation de cette production d’huile de palme ne serait quant à lui que de 0,5%.

Ce qui est intéressant dans ce rapport, c’est qu’il met en exergue le fait qu’il est très difficile de se passer actuellement d’huile de palme pour deux raisons :

-on assiste à une forte hausse de la demande en huile végétale (consécutive à la hausse de la démographie mondiale) qu’il faut réussir à couvrir.

-l’huile de palme est l’huile la plus recherchée car c’est l’huile la moins chère. Donc même si les pays occidentaux arrêtaient de consommer de l’huile de palme sa culture ne disparaîtrait pas car le tiers-monde continuerait de la cultiver.

Si l’huile de palme est l’huile la moins chère c’est pour une raison très simple : les rendements sont nettement supérieurs à ceux des autres huiles végétales. Pour produire la même quantité d’huile qu’avec un hectare de palmier à huile il faudrait 3 fois plus de surface pour produire de l’huile de colza ou de soja. Stopper la culture de palmier à huile ne permettrait donc pas forcement de préserver la biodiversité puisqu’il faudrait détruire d’autres espaces naturels et de façon encore plus importante pour produire d’autres huiles de remplacement.

Ainsi pour l’instant, comme l’indique le rapport publié par l’IUCN, il n’est pas possible de dire si arrêter la production d’huile de palme serait ou non une bonne chose pour la biodiversité. Des études plus poussées doivent être menées.

Concernant les orangs-outans, Marc Ancrenaz mentionne un aspect quelque peu positif qui est que les animaux arrivent à survivre dans de la forêt qui n’est pas primaire alors qu’on pensait auparavant qu’ils ne pouvaient vivre que dans la forêt primaire. Néanmoins l’espèce ne pourra être sauvé qu’avec l’implication des populations locales, en mettant en place une façon de produire de l’huile de palme qui permette aux gens sur place de se développer économiquement et aux espèces comme les orangs-outans de peut-être survivre.

Mais ce qui peut paraître étonnant et qu’indique Marc Ancrenaz, c’est qu’il est plus facile de de discuter avec les grosses compagnies qui sont conscientes de ces enjeux qu’avec des compagnies qui sont de taille moindre ou même qu’avec les petits planteurs qui passent complètement en dessous des radars.

Enfin il est tout de même important de noter que le rapport condamne l’utilisation de l’huile de palme pour les biocarburants.

En résumé ce rapport est plutôt intéressant dans le sens où il va à l’encontre de ce qu’on entend souvent en France. La plupart du temps on a tendance à dire qu’il faut faire des choses mais sans penser à comment on va pouvoir vivre sans, et pas seulement en France mais aussi dans le monde entier.

Même si la culture de palmier à huile est une catastrophe écologique, il n’existe pas vraiment à l’heure actuelle de solutions alternatives qui serait meilleures pour la planète.

Le principal soucis est que la population mondiale croît beaucoup trop vite et que notre belle planète n’arrive plus à couvrir les besoins de l’ensemble de ses habitants.

Une solution pour couvrir la demande en huile végétale pourrait être de remplacer certaines cultures destinées à l’alimentation animale par des cultures permettant de fournir de l’huile végétale. Cela impliquerait de consommer moins de viande, ce que nous serons tous obligé de faire de toute évidence dans un futur plus ou moins lointain.

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3 commentaires

    1. Oui beaucoup consomment encore sans penser aux impacts qu’il y a pour la planète malheureusement.

      Merci pour ton retour!

      Flore

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