Huile de palme et biocarburant: l’hérésie!

Pour réduire la consommation d’huile de palme j’ai pendant longtemps cru qu’arrêter de consommer du nutella et autres aliments contenant cette huile serait suffisant. Mais il n’en est rien car près de la moitié de l’huile palme consommée en Europe se trouve dans les carburants diesel. Pas n’importe quel diesel cependant : le biodiesel !

Le diesel (ou gazole) est issu du raffinage du pétrole. C’est une source d’énergie très polluante puisqu’elle rejette du dioxyde d’azote et des particules fines. De plus le pétrole est une ressource qui n’est pas infinie même si on ne sait pas quand les réserves seront épuisées.

Pour palier tout cela les groupes parapétroliers se sont mis à fabriquer du diesel plus écolo nommé biodiesel où une partie du pétrole est remplacé par des huiles végétales. Une idée très séduisante au premier abord !

Mais il s’avère que ce biodiésel, très bon pour la communication alors que l’écologie occupe une place de plus en plus importante dans le discours public, est en réalité plus néfaste pour l’environnement que le diesel classique ! Cela a de quoi laisser pantois !

Pour faire ce biodiesel, les industriels utilisent en majorité de l’huile de palme puisque c’est l’huile la moins chère du marché. Elle est en moyenne 17% moins chère que n’importe quelle autre huile végétale. Les industriels veulent bien être écolos mais il ne faudrait quand même pas leur demander de rogner sur leurs marges !

En 2015, 45% de l’huile de palme utilisée en Union Européenne servait à fabriquer du biodiésel.

Le souci c’est que la production d’huile de palme est un réel désastre pour l’écologie.

Pour produire de l’huile de palme il faut des palmiers, beaucoup de palmiers ce qui prend de la place. On a donc décidé de brûler des forêts tropicales, en Indonésie et en Malaisie, notamment pour y planter des palmiers. En Indonésie 21% des forêts tropicales ont été rasé entre 1990 et 2012.

Le fait de détruire ces forêts tropicales pose plusieurs problèmes :

-Beaucoup d’animaux et notamment les orang-outan vivaient dans ces forêts et n’ayant plus d’habitat ils disparaissent peu à peu. Des hommes habitent aussi dans ces forêts et sont chassés de chez eux. C’est le cas par exemple des tribus de Bornéo dont leur survie dépend de la forêt. Ils y habitent et se nourrissent des animaux qui y vivent.

-Brûler les forêts tropicales dégage énormément de CO2 : Les arbres emprisonnent du Co2 dans le bois, les racines et le sol et libèrent ensuite de l’oxygène : c’est la photosynthèse. Un arbre de 5 m3 peut absorber par exemple l’équivalent de 5 tonnes de CO2 ce qui correspond aux émissions de 5 vols aller-retour entre Paris et New York. Cependant lorsqu’on brûle la forêt, tout le CO2 qui est emmagasiné est rejeté dans l’atmosphère ! Un travail d’analyses commandé par Bruxelles (l’étude Globiom menée par l’International Institute for Applied Systems Analysis) et publié en 2016 estime que les émissions d’huile de palme peuvent se révéler trois fois pires que celles des carburants fossiles. Les émissions de Co2 provenant du brûlage de forêts tropicales représentent sont aujourd’hui égales à celles de l’Allemagne, de la France, de l’Espagne et de l’Italie.

Sous ses airs écologique le biodiesel est en réalité un désastre écologique. Le parlement et la commission européenne veulent interdire l’utilisation de l’huile de palme dans les biocarburants notamment par le géant Total mais la France semble y être opposée… Les intérêts financiers étant supérieur à l’intérêt pour la planète !

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