Le jeûne: une pratique qui se développe

On voit fleurir depuis quelques années des stages de jeune de quelques jours ou d’une semaine un peu partout en France. Au programme de la plupart de ces séjours : 10km de marche par jours et une alimentation limitée à un bouillon et un peu de jus de fruits.

Comment fonctionne le jeûne ?

Lorsqu’il est en manque d’alimentation depuis quelques jours, le corps fait face à ce manque de carburant en puisant dans les ressources dont il dispose. On distingue 3 phases : 1/le premier jour l’organisme utilise le glucose disponible directement dans le sang puis il prend celui qui est stocké dans le foi sous forme de glycogène, 2/dès le 2ème jour les cellules vont puiser dans le tissu adipeux (réserves en graisse) ainsi que dans le tissu musculaire afin de transformer les protéines en glucose et 3/dès le 5ème jour le corps entre dans une phase où il cherche à épargner son stock de protéine ; le foi et les reins vont alors fabriquer des molécules de substitutions (les corps cétoniques) qui vont être utilisés par le cerveau à la place du glucose.

Le jeune permettrait de détoxifier l’organisme

Un des grands bénéfices du jeûne qui est prôné par les adeptes de cette pratique est que le jeune va permettre de détoxifier l’organisme. Les produits toxiques stockés dans les graisses vont en partie s’évacuer, par les urines par exemple, du fait que le corps brûle ses graisses afin de trouver le carburant dont il a besoin.

Point particulier : le jeune durant la chimiothérapie

Le jeûne est de plus en plus conseillé pour aider à une meilleure absorption de la chimiothérapie et pour diminuer les effets indésirables consécutifs aux traitements. Cependant, dans une période où le corps est parfois très fragilisé avec un amaigrissement qui peut être important, pratiquer le jeune ne doit pas se faire à la légère et il faut avoir un suivi médical (même s’il existe encore peu de médecins favorables à cette pratique malheureusement).  Peu d’études existent sur l’homme à ce sujet mais celles qui ont été mises en place semblent encourageantes. Le docteur Michel Lallement , cihirurgien-cancérologue a ainsi proposé à ses patients de jeûner la veille de la chimiothérapie, le jour du traitement et le lendemain ou à volonté quelques fruits secs et parfois un œuf. Le retour des patients est positif, comme le confirme le Dr Lallement : « Très souvent pour ne pas dire toujours, il y a une amélioration de la tolérance. C’est-à-dire qu’au minimum on gagne, mais de toute façon on ne perd pas. Le jeûne contrairement à ce que certains peuvent dire ou faire craindre n’affaiblit pas, bien au contraire. Le patient a suffisamment de réserves pour tenir trois jours. En revanche on récupère beaucoup plus vite de la chimiothérapie parce que l’on n’a pas les effets secondaires, on n’a pas les nausées, les vomissements, les diarrhées… » Une étude intitulée « Starvation depending differential stress resistance (Variation de la résistance contre le stress en corrélation avec le jeûne) » publiée en 2008 est intéressante. Elle montre qu’après deux jours de jeûne, des animaux de laboratoire supportent trois à cinq fois la dose « normale » de chimiothérapie utilisée contre le cancer sans subir d’effets secondaires ; sans le jeûne, cette dose serait a priori mortelle. Au cours de cette étude, les animaux de laboratoire avaient perdu 20 % de leur poids en deux jours de jeûne, pour les reprendre dans les deux jours après la chimio. Les animaux sans jeûne ont perdu 20 % de leur poids après la chimiothérapie avant de mourir sans avoir eu le temps de les reprendre. Suite à cette publication l’équipe de chercheur a récolté des témoignages de patients ayant tenté le jeûne et à chaque fois, les effets secondaires ont baissé. Voici le lien vers l’étude : cliquer ici. Le mieux est de jeuner 48h avant chaque séance de chimiothérapie afin de bénéficier des effets de jeune sans s’affaiblir de manière trop importante.

Ai-je envie de tenter le jeune ?

Pour ma part je ne me vois pas (pour l’instant en tout) cas effectuer un stage d’une semaine de jeune. Je trouve cela trop dur pour l’organisme, d’autant qu’au jeûne s’associe l’effort physique. J’ai peur de perdre du muscle et d’avoir des vertiges étant donné que je suis très sujette à ce mal. Ce qui me rebute encore plus que le jeune en lui-même sont les lavages intestinaux qui y sont souvent associés et qui consistent à nettoyer l’intestin de tous les déchets « accumulés parfois depuis plusieurs années ». Il existe plusieurs méthodes avec par exemple l’ingestion de chlorure de magnésium ou l’hydrothérapie du colon qui consiste à insérer de l’eau tiède par l’anus et à masser le ventre afin de dégager les intestins. Cette seconde méthode est contestée puisqu’elle est accusée de détruire la flore intestinale. Le colon tout comme le vagin se nettoie tout seul et il inutile et même dangereux selon moi de le laver.

En revanche je ne suis pas contre le fait de tester un mini stage d’un week end de jeune car je trouve cela moins « traumatisant » pour mon organisme.

Je vais continuer d’approfondir mes connaissances sur cette pratique du jeune, qui je dois le dire m’intrigue d’autant que c’est aussi une démarche spirituelle. Il est très difficile de démêler le vrai du faux entres les points de vue diamétralement opposés des naturopathes et des médecins (les naturopathes sont la plupart pour le jeune alors que les médecins y sont souvent radicalement opposés). De plus il y a encore très peu d’études à ce sujet, les études de ce genre étant très difficile à financer puisque le fruit de la recherche ne va rien rapporter aux grands laboratoires.

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