Le reportage qui ne donne plus envie d’aller chez Starbucks

Starbucks n’est clairement pas une enseigne que je fréquente souvent mais j’avoue me rendre parfois dans un de leur célèbre café quand il n’y a pas trop d’autres choix. Il faut dire que la marque a écrasé la concurrence et donc dans certaines gares seule la marque américaine est présente. J’apprécie certaines de leurs boissons comme celle au potiron qui est vendue l’hiver mais je n’en consomme que très rarement du fait de sa teneur en sucre et en gras et de son prix exorbitant pour une boisson à emporter.

Arte a diffusé il y a quelque jours un reportage très intéressant sur la multinationale. Je me doutais que tout n’était pas rose chez Starbucks et bien je dois avouer que je n’ai pas été déçu.

Starbucks a cru à une vitesse folle ces dernières années. De 700 boutiques en 2003 le groupe est passé à 28 000 boutiques dans 75 pays en 2018.

Starbucks a toujours voulu qu’on associe sa marque à la réussite. Aux Etats-Unis boire un Starbucks devant son Mac c’est montrer aux autres qu’on a réussi. En se rendant dans les salons de café les consommateurs n’achètent pas que du café mais un certain statut social. Les clients les plus fidèles ne sont pas les clients les plus riches mais ceux qui veulent montrer qu’ils sont riches.

La force de Starbucks est que malgré le fait que l’entreprise soit une multinationale elle s’adresse à chaque personne individuellement et ce en écrivant le prénom des gens sur ses gobelets. Mais en vérité le contact client est inexistant car la priorité de l’enseigne est de faire du chiffre. Starbucks cherche aussi à créer un cercle d’initié avec des terminologies complexes pour désigner ses boissons.

Starbucks a ouvert ses cafés pour créer des lieux de contacts et d’échanges mais le fait qu’ils soient majoritairement situés dans des quartiers chics ainsi que le prix des boissons excluent certaines personnes.

La particularité de Starbucks est de vendre ses boissons dans des grands gobelets. Ces derniers ont été inventé pour que le consommateur ait l’impression d’être gagnant puisqu’il repart avec une grande quantité de café. Mais en fait il n’y a que de l’eau en plus et le coût de base du café est exactement le même. Produire un café de 10cl ou de 40cl coûte exactement la même chose en matières premières.

Progressivement Starbucks a lancé de nouveaux produits pour ceux qui n’aiment pas le café et qui peuvent être consommés à tout moment de la journée comme les frappuccinos. Ces boissons sont bien souvent surchargées en sucre avec un maximum de 99 grammes de sucre pour l’une d’entre elle en grand format.

Pour améliorer ses chiffres Starbucks proposent aussi des suppléments sur chacune de ses boissons (boisson végétale, chantilly, etc..) mais sans jamais mentionner le prix au client pour l’inciter à consommer.

Employé chez Starbucks : loin du job de rêve

Chez Starbucks les employés semblent privilégiés puisqu’ils sont désignés comme étant des « partenaires » du groupe. Les vendeurs en salon sont appelés des « barristas » même si ces derniers ne préparent jamais de café car les machines sont toutes automatiques et qu’ils n’y connaissent pas grand-chose au café.

Les employés chez Starbucks bénéficient au premier abord de conditions plutôt avantageuses avec 1/une couverture sociale pour tous ce qui est assez unique pour une si grande société, 2/le fait de devenir actionnaire du groupe au bout d’un an de présence et 3/la présence d’un partenariat avec l’université d’Arizona pour la poursuite d’études.

En réalité les choses ne sont pas aussi roses. Les employés commencent leur journée à 4h et enchainent avec le service et le ménage tout au long de la journée car chez Starbucks les employés sont polyvalents. Le personnel des salons de café est bien souvent insuffisant alors que l’entreprise est bénéficiaire, les employés sont donc sans cesse sous pression. De plus le temps de travail n’est pas garanti ce qui fait qu’une personne peut travailler 35h une semaine puis 25h la suivante. Enfin les postes de travail ne sont pas du tout ergonomiques et la plupart des employés souffrent de douleurs au dos.

L’écologie et le commerce équitable

Dans les années 2000 pour améliorer son image Starbucks s’est lancé dans le commerce équitable et garantie aujourd’hui que 99% du café vendu provient du commerce équitable. Le souci et que Starbucks a son propre label de commerce équitable et qu’il ne respecte pas vraiment les critères qu’on peut attendre de ce genre de label. Ainsi Starbucks n’achète pas le café directement aux producteurs mais passe par des intermédiaires ce qui enlève une grande partie de l’intérêt du commerce équitable.

Concernant l’écologie les choses sont encore pires. Beaucoup pensent que les gobelets Starbucks en carton sont recyclables. En réalité ce n’est pas du tout le cas car il y a une fine couche de plastique à l’intérieur du gobelet qui empêche son recyclage. La marque a indiqué qu’elle était en train d’investir pour créer un nouveau gobelet mais on ne sait pas quand il sera lancé. Lorsqu’on voit le nombre de gobelet Starbucks utilisés par jour le fait qu’ils ne soient pas recyclables est tout simplement ahurissant.

Payer près de 6€ pour un café pas vraiment équitable avec des employés travaillant dans des conditions difficiles et dans un gobelet non recyclable cela me gêne beaucoup.

Et vous, vous rendez-vous parfois chez Starbucks ?

Belle journée !

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