Les animaux ont-ils des droits ? Retour sur le documentaire diffusé par Arte

Arte a diffusé il y a quelques jours un reportage très intéressant sur la question du droit des animaux. Ce n’est pas la première diffusion de ce reportage puisqu’il date de 2015 mais je ne l’avais jamais vu.

On y apprend notamment que les poussins savent réaliser des multiplications et des soustractions sur des chiffres jusqu’à 5, alors qu’ils ne sont sortis de leur coquille que depuis quelques jours. Ce n’est pas le cas de l’enfant qui a besoin de plusieurs années avant d’être en mesure de réaliser ces opérations. Les poussins mâles que l’on broie à la naissance ne sont donc pas des être dénués d’intelligence. De plus les poulets étant capables de ressentir la douleur, les poussins en sont certainement capables aussi.

Selon Boris Cyrulnik les animaux ont longtemps été considéré comme des non-Homme. Cela permettait de catégoriser le monde vivant et d’attribuer à l’Homme la partie surnaturelle qui peut commander les oiseaux dans le ciel, les mammifères sur la terre et les poissons dans l’eau.

Au XXème siècle les animaux ont payé chèrement le prix de la révolution industrielle. L’industrie a aggravé le fossé entre les Hommes et les animaux qui ont été vu comme des outils de productions assimilables aux machines.

De plus après la seconde guerre mondiale la recherche médicale se développe et donc les expériences sur les animaux aussi. On utilise aussi les animaux pour la conquête spatiale afin de connaître la réaction du corps humain dans l’espace.

C’est lorsque des grandes études ont commencé à être menées dans les années 1950 sur les primates que l’on commence à se rendre compte que la frontière entre les Hommes et les animaux n’est pas si étanche que cela.

Après avoir étudié les singes, les chercheurs se sont mis à étudier d’autres animaux. Ils ont ainsi découvert que l’otarie arrive, après une phase d’entraînement, à différencier les lettres des chiffres. De même le rat a le reflexe de libérer un congénère emprisonné ou un animal avec qui il a passé du temps par le passé. Le rat possède donc de l’empathie. Enfin des expériences ont montré qu’un cochon sait différencier un humain de face d’un humain de dos et donc reconnaître des émotions humaines comme les chiens. Pourtant les cochons ne sont absolument pas traités comme des chiens.

Les observations ont aussi permis de voir que les Hommes ne sont pas les seuls à fabriquer des outils comme on l’a longtemps pensé. Les animaux comme le singe arrivent aussi à fabriquer des outils.

Les animaux de ferme sont les animaux auxquels ont s’intéresse le moins et qui sont pourtant les plus mal lotis. Près de 80% des porcs en France vivent dans des élevages hors sols où ils ne voient jamais la lumière du jour. Pour beaucoup d’éleveurs, et en particulier dans les grosses exploitations, le bien-être animal ne doit pas empiéter sur la rentabilité.

Le reportage nous questionne aussi sur la notion de bien être animal. Car qu’ils vivent bien ou mal les animaux sont aujourd’hui toujours exploités pour notre propre intérêt. Le bien-être animal apporte un message biaisé puisque les gens pensent qu’ils peuvent continuer de consommer des animaux sans culpabilité puisqu’ils sont apparemment bien élevés (comme les poules élevées en plein air). Pour les partisans de la cause abolitionniste cela revient à se demander si c’est mieux de battre un esclave 5 ou 10 fois par semaine.

Les conditions d’abatages sont aussi un des problèmes majeurs actuels. En France 25% des vaches bougent encore la tête après avoir été abattus. C’est beaucoup plus qu’aux Etats-Unis où la proportion n’est que de 2%.

De plus lorsqu’arrive l’abatage les éleveurs ont l’impression de ne plus rien maîtriser car pour des raisons d’hygiène et de traçabilité ils sont contraints de livrer leurs bêtes à l’abattoir. Certains éleveurs militent donc pour un abattage à la ferme avec des camions d’abatages itinérants par exemple.

Enfin le reportage évoque le sort des animaux de laboratoire. On tue 2 millions d’animaux en France chaque année pour la recherche médicale dont 80% de rongeurs. On utilise aussi des poissons car ils ont la capacité de régénérer leurs membres contrairement aux mammifères. Pour les militants abolitionnistes il ne devrait plus y avoir d’animaux dans les laboratoires. Ainsi logiquement ces militants ne devraient plus se soigner, plus se rendre à l’hôpital (puisque les scanners par exemples sont testés sur les animaux) et ne plus soigner les animaux (car les traitements sont testés sur d’autres animaux)…

De plus arrêter l’élevage pose une question fondamentale auxquelles les associations de libération animale ont du mal à répondre : quelle sera la relation entres les hommes et les anciens animaux de ferme. Puisque ces animaux ne seront plus utiles à l’homme qui va s’en occuper ? Devons-nous les laisser gambader dans les champs et se reproduire comme bon leur semble ? Des questions auquel le documentaire ne répond pas.

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