Les voitures électriques sont-elles si écologiques que cela ?

Les voitures électriques sont de plus en plus nombreuses sur le marché, portées par l’attention grandissante pour le réchauffement climatique. Il faut dire que ces voitures ne rejetant pas de CO2 elles polluent beaucoup moins lorsqu’elles roulent.

Mais ces voitures sont-elles un remède miracle à la pollution ? En réalité pas tout à fait et ce pour plusieurs raisons :

Construire une voiture électrique s’avère peu écologique

La batterie et le moteur d’une voiture électrique s’avèrent plus complexes à construire que pour une voiture classique et demandent plus de matières premières. Ainsi avant d’être mise en service, une voiture électrique a déjà produit 50% de CO2 de plus qu’une voiture classique.

Fabriquer une batterie nécessite des métaux rares comme le cobalt, le lithium ou le nickel. Ces métaux sont recherchés pour leurs propriétés uniques mais leur extraction demande beaucoup d’énergie. Par exemple dans une voiture électrique on a en moyenne 3 à 4.5kg de néodyme. Pour extraire cette quantité de métal il faut extraire 91 tonnes de roche ce qui consomme énormément d’eau. De plus afin de raffiner le métal des produits chimiques sont ajoutés à l’eau. Cette eau usée est généralement (en Chine par exemple) rejetée sans être traitée dans les écosystèmes. Même si les constructeurs affirment prendre des mesures et créent des codes de bonne conduite pour leurs fournisseurs, le fait qu’il y ait souvent beaucoup d’intermédiaires rend difficile pour le constructeur de savoir de quel pays proviennent les métaux contenus dans les voitures.

L’énergie utile à la recharge des batteries n’est pas toujours produite de façon écologique

En France l’énergie électrique est produite grâce au nucléaire. Produire de l’électricité n’entraîne donc pas le rejet de CO2 dans l’atmosphère. Mais dans de nombreux autres grands pays comme l’Allemagne, les Etats-Unis ou la Chine les choses sont bien différentes puisque ces pays continuent encore de brûler du charbon pour produire de l’énergie. Or le fait de brûler du charbon rejette énormément de CO2. Dans ces pays, puisque produire de l’électricité est synonyme d’importants rejets de CO2, la voiture électrique ne s’avère pas vraiment plus écologique. D’autant qu’à l’échelle mondiale, les énergies fossiles représentent encore deux tiers de la production d’électricité.

En France, le fait que la production d’électricité ne soit pas synonyme d’émission de CO2 permet de rendre la voiture électrique plus écologique sur le long terme. Ainsi même si cette voiture produit beaucoup de CO2 lors de sa production, comme elle n’en produit plus ensuite on estime qu’au bout de 30 000 à 40 000 km la dette carbone de la voiture est épongée. Sachant qu’un automobiliste parcourt en moyenne 13 000 km par an il faut compter 3 ans pour qu’une voiture électrique soit plus écologique qu’une voiture classique.

Le recyclage des batteries n’est pas encore au point

En 2017, plus d’un million de véhicules électriques ont été vendu, c’est 50% de plus qu’en 2016. En moyenne une batterie de voiture électrique a une durée de vie de 8 à 10 ans. Ainsi selon les experts, d’ici 10 ans les batteries usagées pourraient représenter 100 000 tonnes par an. Ceci alors que pour l’instant le recyclage s’avère encore peu développé puisque c’est une activité qui n’est pas vraiment rentable. Extraire de nouveaux métaux dans une mine revient moins cher à un fabriquant de voiture que de recycler d’anciens métaux.

Après réflexion on pourrait donc se dire que les voitures électriques ne sont en réalité pas plus écologiques que les voitures classiques. Mais la situation s’avère plus nuancée.

Premièrement les énergies fossiles diminuent peu à peu au profit d’énergie moins polluantes. Recharger une voiture électrique sera donc de moins en moins générateur de CO2.

Deuxièmement les véhicules électriques ont une durée de vie beaucoup plus longue que les véhicules classiques. Ainsi les batteries ne perdent en moyenne que 5% de leurs capacités après 400 000km. Les batteries, après avoir été utilisées dans des voitures électriques pourraient avoir une seconde vie avec une utilisation domestique.

Troisièmement au fur et à mesure que les quantités de batteries à recycler vont augmenter, le recyclage va devenir de plus en plus rentable et se perfectionner. Dans le futur la très grande majorité des métaux devraient pouvoir être recyclés.

En réalité le principal enjeu auquel devra faire face la voiture électrique est l’offre en métaux. Pour certains métaux comme le cobalt, dont les réserves sont très concentrées géographiquement, l’offre pourrait rapidement ne plus être suffisante pour couvrir la demande. D’autant que les normes environnementales risquent d’évoluer pour lutter contre la pollution liée à l’extraction et que l’instabilité politique est souvent très présente dans les pays où sont extraits la plupart des métaux indispensables à la construction des batteries qu’on retrouve dans les véhicules électriques.

 

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