Le lien étroit entre gynécologues et laboratoires

Quand j’ai eu 19 ans j’ai voulu prendre un moyen de contraception et je me suis donc rendue chez le gynécologue. Celui-ci m’a sans réfléchir prescrit la pilule Yaz qui était géniale selon lui car elle allait permettre de faire disparaître mon acné. Je ne me suis pas trop posée de questions et j’ai pris cette pilule. J’étais plutôt ravie du résultat car au bout de quelques mois cette satanée acné avait presque entièrement disparu.

Puis en 2013 le scandale des pilules 3 ème génération a éclaté et j’ai appris que ces pilules entraînaient un risque accru d’accident thromboembolique artériel ou veineux. Yaz est une pilule de 4ème génération mais les risques sont les mêmes que pour les pilules de 3ème génération. Sur le coup je ne me suis pas inquiétée plus que cela : pour moi la pilule restait le meilleur mode de contraception.

En 2016 j’ai commencé à me poser certaines questions en regardant des articles sur internet. Je commençais à me rendre compte que la pilule n’était pas un petit cachet anodin, que prendre des hormones tous les jours n’était pas un acte anodin.

J’ai donc commencé à parler de tout cela à mon gynécologue pour avoir son avis, qui m’a plutôt laissé perplexe. Pour lui la seule raison valable d’arrêter la pilule c’est le fait d’oublier fréquemment son comprimé. Selon lui prendre la pilule n’était pas du tout nocif pour la santé, bien au contraire ! Cela diminuerai le risque de cancer de l’utérus par exemple.

Je n’étais vraiment pas convaincu par ce que m’avais dit ce gynécologue alors je suis allé en voir un deuxième qui m’a répété exactement la même chose : dans mon cas la pilule était le meilleur mode de contraception.

J’ai fini par trouver dans un centre médical une gynécologue qui a accepté de me poser un stérilet, tout en restant dubitative par rapport à mes motivations. Pour elle aussi la pilule prévenait certains cancers.

A chaque fois que je vais chez le médecin, je déplore tout le temps leur manque d’ouverture d’esprit, j’ai l’impression qu’ils répètent mot pour mot ce qu’ils ont appris à la fac et ce que les laboratoires disent. J’ai vite compris que les gynécologues avaient plus d’intérêt à me prescrire une pilule à 40€ pour 3 mois qu’un stérilet à 50€ qui dure au moins 3 ans !

Depuis que le scandale des pilules 3ème génération a éclaté les gynécologues n’ont cessé d’assurer que les pilules de 3e et 4e génération présentaient moins d’effets secondaires que les précédentes, et étaient mieux tolérées par les femmes. Ces leaders d’opinion n’évoquent les risques que pour les  minimiser et ne rappellent jamais la nécessité de renoncer à toute prescription en première intention.

Sans surprise ces soit disant experts ont tissé des liens étroit avec les laboratoires, qui financent par exemple des formations pour les gynécologues. Les conférences des médecins les plus médiatisées sont de plus entièrement prises en charges par les laboratoires, il y a donc peu de chance que l’information délivrée soit objective. Certains gynécologues sont aussi consultants pour de nombreux laboratoires.

La bonne entente avec les laboratoires permet aussi de bénéficier de petits coups de pouces, pour monter le site internet de son cabinet médical par exemple. Cela permet aussi d’avoir une certaine notoriété, un certains pouvoir, d’être invité aux congrès les plus importants avec un logement dans les plus beaux hôtels,  d’organiser des formations rémunérées, etc.. La plupart des praticiens ne crachent pas dans la soupe mais estiment pour autant rester totalement indépendant !!

Qui plus est les médecins généraliste copie la plupart du temps les prescriptions du gynécologue qui copie celles des gynécologues « experts ». Les laboratoires n’ont donc qu’à influencer quelques personnes au travers de grandiose séminaires afin d’influencer toute la profession. C’est beaucoup plus rentable que d’avoir une multitude de visiteurs médicaux.

Il faut aussi noter que pour faire des économies, les pouvoirs publics sous-traitent aux firmes la recherche clinique. Celles-ci nouent ainsi des liens avec des experts qui gagnent en notoriété puisqu’elles leur permettent d’accroître leur influence et de faire passer leurs idées dans la formation initiale à l’hôpital et à l’université, dans les congrès et la formation continue.

Alors certes je continue à faire confiance aux médecins pour les plus gros bobos. Mais pour tout le reste je fais au maximum mes recherches sur internet en amont afin de choisir la solution qui me convient le mieux et ne pas me laisser berner par les différents spécialistes de santé.

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