Le paradoxe de la course à pieds

Quand on commence la course à pieds on devient vite accro : on enchaîne les kilomètres et on se fiche des objectifs de plus en plus ambitieux. Cela commence avec un 10km, puis un semi, un marathon…et puis parfois des courses qui vont bien au-delà.

Quand j’ai commencé à courir il y a 2 ans et demi je me disais que je ne ferai jamais de marathon, que l’effort est beaucoup trop violent et que cela n’a aucun intérêt. Je pensais à cette époque que courir un 10km officiel serait déjà un exploit. Pourtant 2 ans après je voulais moi aussi courir un marathon et j’ai ainsi décidé de m’inscrire au marathon d’Amsterdam en octobre2017. Un peu comme si le marathon était le but ultime et que le 10km et le semi n’étaient que des étapes intermédiaires qui mènent à l’objectif final (un peu comme on passe le bac puis une licence pour avoir un master).

Mais malheureusement préparer des courses très longue distance n’est pas une sinécure et nécessite des heures et des heures d’entraînement avec au passage pas mal de souffrance. Au bout d’un moment à force de souffrance et de sacrifice il est fréquent d’en avoir marre de tout ça et d’arrêter du jour au lendemain.

Moi-même parfois, je pense déjà à arrêter la course à pieds et j’espère que la préparation du marathon ne va pas accentuer cette pensée. Quand je souffre trop sur une séance je me dit : « à quoi bon faire tout cela dans le seul but de gagner 1 ou 2 min sur le chrono ? C’est de la souffrance inutile ». C’est pour cela que j’ai décidé de ne pas m’imposer un rythme trop dur afin de ne pas me dégoûter. Hors période de compétition je me contente d’un fractionné ou d’une petite sortie de 8km le dimanche, d’une sortie de 10-11km en milieu de semaine en groupe et d’une séance de renforcement musculaire. Si je prépare un semi j’essaye de faire une sortie de 17km un dimanche et hormis cela je continue mon petit planning avec 2 sorties par semaine.

Je sais qu’avec un tel programme je ne vais pas améliorer mon chrono de façon folle mais je trouve qu’augmenter le nombre de séances n’aurait que pour seul effet de me dégoûter et de me blesser. Je n’ai pas envie de me sacrifier pendant des mois pour une seule course de 2h. Pour le marathon c’est un peu différent car c’est un souvenir que je garderai toute ma vie et mon but est de le faire tranquillement de toute façon.

Je pense que la course à pieds doit avant tout rester un plaisir et ne pas empiéter sur tout le reste de la vie.

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