Vegétarisme et philosophie

Le végétarisme, basé sur le respect de la vie animale, prend sa source dans la Grèce antique. Pythagore fut le premier philosophe à se déclarer végétarien et à être opposé au sacrifice des animaux. Le philosophe croyait à la métempsychose c’est à dire la transmigration des âmes aussi bien dans des corps humains que dans des corps d’animaux ou de végétaux. Ainsi si un animal peut être la réincarnation d’un parent décédé on doit s’abstenir de consommer sa chair.

Socrate était lui aussi végétarien et soutenait que manger de la chair poussait les hommes à la violence.

Quelques centaines d’années plus tard Ovide fait l’éloge du végétarisme dans son livre « Les Métamorphoses » en reprenant les propos de Pythagore « Cessez, mortels, de vous souiller de mets abominables ! Vous avez les moissons ; vous avez les fruits dont le poids incline les rameaux vers la terre, les raisins suspendus à la vigne, les plantes savoureuses et celles dont le feu peut adoucir les sucs et amollir le tissu »

Bien plus tard durant le siècle des Lumières, les philosophes Voltaire et Rousseau prônèrent eux aussi une alimentation végétarienne et s’opposèrent ainsi à la doctrine chrétienne selon laquelle l’animal a été conçu pour être entièrement au service de l’Homme. Rousseau constate que « les enfants qui mangent beaucoup de viande sont en général plus cruels et plus sauvages que les autres »

Le philosophe allemand Schopenhauer, inspiré par le bouddhisme, condamne aussi une alimentation contenant des produits carnés « Le monde n’est pas une chose et les animaux ne sont pas des produits pour notre usage et notre consommation ».

Pourquoi le végétarisme n’a toujours pas réussi à s’imposer depuis ces milliers d’années ?

Si la philosophie végétarienne est présente depuis l’antiquité pourquoi n’est-elle pas plus développée à l’heure actuelle, plusieurs milliers d’années après son apparition ?

Il s’avère que le monde occidental est encore aujourd’hui nourri par le christianisme, un mouvement en contradiction avec la non consommation d’animaux. Les anti-vegans reprennent d’ailleurs souvent l’argument venu du christianisme selon lequel « l’animal est au service de l’Homme » et que c’est comme cela dans l’ordre du monde.

Si la plupart des gens n’ont pas opté pour le végétarisme c’est aussi à cause d’un phénomène que l’on appelle en philosophie l’acrasie. L’acrasie est le fait de comprendre quelque chose mais d’agir différemment du fait de la paresse ou dans le cas présent de l’appétit.

Le végétarisme soufre aussi du fait que cette philosophie pousse à aller contre notre propre nature en renonçant à notre condition d’omnivore. Être végétarien c’est réprimer en quelque sorte l’animalité en soit par respect des animaux. Ce point est cependant à relativiser puisque l’Homme a su renoncer à d’autres de ces instincts primaires comme la sexualité ou l’agressivité.

Ainsi même si de nombreux individus sont opposés à l’exploitation animale, mettre en application ses idées se révèle la plupart du temps très difficile. A cela s’ajoute le fait que le passage au végétarisme va mettre l’omnivore sur la défensive puisqu’il le fait culpabiliser. Ce dernier va ainsi tenter de se conforter dans l’idée qu’être vegan est impossible pour diminuer sa culpabilité, en considérant par exemple le vegan de « dangereux » ou de « sectaire ».

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