Ce qu’il faut retenir
- Le rasage du pubis répond à des motivations très variées : confort, esthétique, sexualité, normes sociales — souvent toutes à la fois.
- Les poils pubiens ont un rôle protecteur réel : les supprimer entièrement n’est pas sans risques pour la santé intime.
- Aucune option n’est médicalement supérieure à une autre — l’essentiel est de choisir en fonction de ce qui vous convient, pas de ce qu’on attend de vous.
- Chaque méthode (rasoir, cire, tondeuse, crème) a ses avantages et ses limites selon la sensibilité de la peau.
- Garder ses poils est un choix tout aussi valide que de les enlever — ni plus militant, ni moins féminin.
Comprendre l’intention derrière le rasage du pubis
Une démarche d’hygiène et de sensation de propreté
Beaucoup de femmes associent le fait de se raser à une sensation de propreté. Pas nécessairement parce que les poils sont sales — ils ne le sont pas — mais parce que l’absence de pilosité donne une impression de légèreté, de peau nette. Cette perception de propreté est subjective, construite en partie par des codes culturels, mais elle est bien réelle dans le ressenti de celles qui la vivent.
Je me souviens d’avoir longtemps confondu « propre » et « épilée », sans vraiment questionner d’où venait cette équation. Ce n’est qu’en lisant des études sur le rôle du microbiote vaginal que j’ai compris que les poils pubiens participent à l’équilibre de cette zone — mais j’y reviendrai.
La recherche de confort lors des rapports sexuels
Certaines femmes disent ressentir plus de sensations lors des rapports sexuels sans pilosité. D’autres apprécient simplement de ne pas avoir à penser à leur épilation dans ces moments-là. Le confort intime, physique et mental, est une vraie raison — personnelle, valide, qui n’a pas besoin d’être justifiée davantage.
Ce que j’entends souvent, c’est moins une question de sensations physiques objectives que de confort psychologique : se sentir à l’aise dans son corps pendant l’intimité. Et ça, ça compte.
Le désir d’une peau plus douce et d’une esthétique maîtrisée
Certaines femmes aiment tout simplement l’esthétique d’une peau lisse. Ce goût pour une certaine forme de soin personnel, de corps « entretenu » selon leurs propres critères, est une motivation légitime. L’esthétique corporelle et le soin de soi peuvent être des actes de plaisir — pas forcément des actes de conformité.
La nuance est là, et elle est importante : vouloir une peau douce pour soi, parce que ça nous plaît, c’est différent de le faire parce qu’on pense qu’on doit le faire.
Le besoin de se sentir plus féminine ou plus confiante
Pour une partie des femmes, l’épilation pubienne fait partie d’un rituel de soin qui les aide à se sentir bien dans leur corps. Pas parce que les poils sont « peu féminins » — mais parce que ce geste-là, pour elles, fait partie de ce qui les reconnecte à elles-mêmes. La confiance en soi et le rapport au corps féminin passent par des chemins très différents selon les personnes.
J’ai une amie qui dit que son rituel d’épilation du vendredi soir lui appartient complètement. Ce n’est pas pour son partenaire, pas pour la plage — c’est pour elle. Je trouve ça assez beau, en fait.
L’influence des normes sociales et du regard du partenaire
Pression sociale et représentations de la féminité
Difficile de parler du rasage du pubis sans parler de contexte. La norme de l’épilation féminine intégrale ou quasi-intégrale s’est installée progressivement dans les pays occidentaux, d’abord via la pornographie, puis via la mode du maillot de bain, puis via les réseaux sociaux. La pression sociale autour de l’épilation intime est réelle, même quand on ne la perçoit pas consciemment.
Ce n’est pas une raison de culpabiliser si on s’épile — mais c’est utile de le savoir pour faire des choix plus libres.
L’impact des préférences du ou de la partenaire
Certaines femmes s’épilent en partie pour répondre aux préférences d’un partenaire. C’est une réalité qu’il serait naïf d’ignorer. La question n’est pas de savoir si c’est bien ou mal, mais de se demander si ce choix est consenti, discuté, et s’il s’accompagne de réciprocité. Les préférences du partenaire et la dynamique du couple font partie de la vie intime — à condition qu’elles ne deviennent pas une injonction.
Une conversation ouverte sur le sujet avec un partenaire peut parfois révéler des attentes jamais formulées — dans un sens comme dans l’autre.
Épilation et construction de l’estime de soi
Il y a quelque chose de complexe dans le lien entre épilation et estime de soi. Pour certaines femmes, s’épiler renforce leur confiance. Pour d’autres, arrêter de le faire a été un acte de libération. L’estime de soi et le rapport à la pilosité ne suivent pas une logique linéaire — et c’est très bien comme ça.
Ce que je retiens, c’est que ni l’épilation ni l’absence d’épilation ne garantit quoi que ce soit en termes de confiance en soi. Ce qui compte, c’est d’où vient le choix.
Les raisons pratiques évoquées par les femmes
Prévention des parasites et gestion des odeurs
Parmi les arguments pratiques, on entend souvent celui des odeurs ou des parasites comme les morpions. Sur les odeurs : les poils pubiens ne génèrent pas d’odeurs en eux-mêmes — c’est la transpiration et l’hygiène quotidienne qui jouent. La gestion des odeurs intimes et la prévention des parasites peuvent être des motivations, mais elles ne nécessitent pas forcément une épilation totale — une hygiène régulière suffit dans la très grande majorité des cas.
Préparation aux vacances, au maillot de bain ou à un rapport sexuel
L’épilation saisonnière, liée au maillot de bain ou à une occasion particulière, est l’une des plus fréquentes. C’est une réponse pratique à une situation concrète. La préparation au maillot de bain et aux moments d’intimité fait partie des raisons les plus citées par les femmes — sans que cela implique forcément une routine permanente.
J’ai traversé des années à m’épiler systématiquement avant chaque été, et d’autres où j’ai simplement choisi un maillot qui me convenait. Les deux m’ont convenu, à des périodes différentes.
Routine de soins personnels et empowerment
Pour certaines femmes, l’épilation fait partie d’une routine de soins au même titre que se laver les cheveux ou se faire un masque. Ce n’est ni plus ni moins symbolique que ça. La routine de soins corporels et le sentiment d’empowerment qui peut en découler sont des motivations valides — à condition que cette routine soit choisie et non subie.
Les risques et limites du rasage intégral du pubis
Rôle protecteur des poils pubiens contre les infections
Les poils pubiens ne sont pas là par hasard. Ils forment une barrière mécanique contre certains agents extérieurs, retiennent les sécrétions naturelles qui participent à l’équilibre du pH vaginal, et limitent les frottements. Le rôle protecteur des poils pubiens contre les infections est documenté — ce n’est pas un argument militant, c’est simplement de l’anatomie.
Supprimer régulièrement cette pilosité peut fragiliser cette barrière naturelle, surtout si la peau est déjà sensible ou sujette aux irritations.
Risques d’irritations, démangeaisons et poils incarnés
Qui n’a jamais connu les quelques jours post-rasage avec leurs démangeaisons caractéristiques ? Les poils incarnés, les boutons, les rougeurs — c’est le lot de beaucoup de femmes qui se rasent régulièrement dans cette zone. Les irritations cutanées, les poils incarnés et les démangeaisons sont les effets secondaires les plus fréquents du rasage intégral du pubis.
La peau du pubis est fine et sensible. Elle supporte mal les rasages trop fréquents, surtout sans mousse protectrice ni rasoir adapté.
Lien possible entre épilation excessive et IST mineures
Des études ont suggéré un lien entre l’épilation intégrale fréquente et un risque légèrement accru de certaines infections sexuellement transmissibles mineures comme le molluscum contagiosum ou l’herpès cutané — non pas parce que les poils protègent des IST au sens strict, mais parce que les micro-lésions cutanées liées à l’épilation peuvent faciliter certaines transmissions cutanées. Ce n’est pas une raison de paniquer, mais c’est une donnée à connaître.
À quelle fréquence faut-il se raser pour préserver sa santé ?
Il n’existe pas de fréquence idéale universelle. La peau de chacune réagit différemment. Ce qu’on observe en pratique : espacer les séances permet à la peau de récupérer, de se régénérer, et de mieux tolérer les épilations suivantes. La fréquence du rasage pubien et la santé cutanée sont étroitement liées — écouter sa peau reste le meilleur guide.
Quelles méthodes choisissent les femmes pour se raser le pubis ?
| Méthode | Durée du résultat | Douleur | Risque d’irritation | Coût approximatif |
|---|---|---|---|---|
| Rasoir | 2 à 5 jours | Faible | Élevé (poils incarnés) | 2 à 15 € (rasoir réutilisable) |
| Cire (institut) | 3 à 6 semaines | Élevée | Modéré | 25 à 60 € par séance |
| Cire (maison) | 3 à 5 semaines | Élevée | Modéré à élevé | 5 à 20 € par kit |
| Crème dépilatoire | 5 à 10 jours | Très faible | Modéré (selon sensibilité) | 5 à 12 € |
| Tondeuse | 1 à 2 semaines | Nulle | Faible | 15 à 50 € (achat unique) |
| Laser (professionnel) | Plusieurs mois à permanent | Modérée | Faible à long terme | 60 à 150 € par séance (6 à 8 séances) |
Le rasoir : rapidité, accessibilité et repousse rapide
Le rasoir reste la méthode la plus utilisée, par habitude et par facilité. En quelques minutes sous la douche, c’est réglé. Mais la repousse rapide, les poils incarnés et les irritations sont ses inconvénients majeurs, surtout dans une zone aussi sensible que le pubis. Un rasoir propre, une mousse adaptée, et des gestes lents dans le sens du poil limitent les dégâts.
La cire : résultat longue durée mais plus douloureux
La cire — froide, chaude, ou orientale — arrache le poil à la racine et offre plusieurs semaines de tranquillité. Le résultat est plus durable, mais la douleur est réelle, et la zone pubienne n’est pas la plus agréable à épiler. La cire chaude en institut et la cire orientale maison sont les variantes les plus plébiscitées pour cette zone.
La crème dépilatoire : alternative pour peaux sensibles
Les crèmes dépilatoires dissolvent le poil chimiquement, sans arrachage ni lame. Elles conviennent aux peaux sensibles qui supportent mal le rasoir, à condition de choisir une formule adaptée à la zone intime et de ne jamais dépasser le temps de pose indiqué. Les crèmes dépilatoires pour zone intime et les peaux réactives forment un duo qui mérite d’être testé avant d’être adopté — chaque peau réagit différemment.
La tondeuse : compromis entre sécurité et entretien
La tondeuse coupe sans raser à blanc. Elle ne touche pas la peau, ce qui élimine quasiment tout risque d’irritation et de coupure. Le résultat n’est pas une peau lisse mais une pilosité courte et nette. La tondeuse pour pilosité intime et l’entretien régulier séduisent de plus en plus de femmes qui cherchent une alternative au rasage intégral sans renoncer à un certain soin.
Rasage intégral, semi-intégral ou naturel : comment faire son choix ?
Épilation intégrale : motivations et implications
L’épilation intégrale, c’est le choix de ne laisser aucun poil dans la zone pubienne et les grandes lèvres. Certaines femmes l’apprécient pour la sensation de légèreté, d’autres parce que c’est ce qu’elles ont toujours fait. L’épilation intégrale du pubis et ses implications cutanées méritent d’être pesées — notamment si la peau est sujette aux irritations ou si la fréquence est élevée.
Épilation semi-intégrale (ticket de métro, brésilien)
Entre le tout et le rien, il y a un espace que beaucoup occupent sans forcément lui donner un nom. La coupe dite « ticket de métro » (un bandeau horizontal), ou le style brésilien (qui conserve une partie sur le dessus) sont des options intermédiaires très répandues. L’épilation semi-intégrale et les styles de coupe pubienne permettent de garder une partie du rôle protecteur des poils tout en répondant à des préférences esthétiques.
Garder ses poils : une décision tout aussi légitime
Je voulais que ce paragraphe existe, et qu’il soit traité avec le même sérieux que les autres. Garder sa pilosité pubienne naturelle n’est ni un oubli, ni une négligence, ni un acte politique obligatoire. C’est un choix, comme les autres. La pilosité naturelle et l’acceptation du corps féminin méritent d’être défendues sans être romantisées à l’excès — le but n’est pas de remplacer une injonction par une autre.
FAQ – Pourquoi les femmes se rasent-elles le pubis ?
Est-ce vraiment plus hygiénique de se raser le pubis ?
Non, pas objectivement. Les poils pubiens ne sont pas sales par nature. Une hygiène intime régulière à l’eau tiède suffit à maintenir la zone propre, avec ou sans pilosité. L’hygiène intime et le rasage pubien ne sont pas synonymes — c’est une idée reçue tenace, mais elle n’a pas de fondement médical solide.
Les poils pubiens sont-ils utiles ?
Oui. Ils servent de barrière mécanique contre les frottements et les agents extérieurs, participent à la régulation thermique locale, et contribuent à l’équilibre du pH de la zone vulvaire. L’utilité des poils pubiens et leur rôle protecteur sont reconnus par la dermatologie — ce qui ne signifie pas qu’il faut absolument les conserver, mais c’est utile de le savoir.
Le rasage améliore-t-il les sensations sexuelles ?
C’est subjectif et variable selon les personnes. Certaines femmes rapportent une sensibilité accrue après rasage, d’autres ne perçoivent aucune différence. Il n’existe pas de consensus scientifique sur ce point. Les sensations sexuelles après épilation pubienne dépendent bien plus de la psychologie, du désir et du contexte que de la présence ou non de poils.
Pourquoi les femmes se rasent-elles plus que les hommes ?
Parce que les normes sociales de genre ne s’appliquent pas de la même façon aux deux sexes. La dépilation féminine est historiquement codifiée comme un marqueur de féminité dans les sociétés occidentales — ce qui n’est pas le cas pour la pilosité masculine dans les mêmes zones. Les normes de genre et l’épilation féminine sont indissociables d’un contexte culturel et historique qui commence, lentement, à être questionné.
Comment éviter les irritations après le rasage du pubis ?
Quelques gestes simples font une vraie différence :
- Utiliser un rasoir propre et bien aiguisé (changer régulièrement les lames)
- Raser dans le sens du poil, pas à contre-courant
- Appliquer une mousse ou un gel doux avant le rasage
- Hydrater la peau après le rasage pubien avec une crème ou une huile douce sans parfum
- Éviter les vêtements serrés dans les heures qui suivent
- Espacer les séances pour laisser la peau récupérer
Si les irritations persistent malgré ces précautions, il vaut la peine d’envisager une autre méthode — ou simplement d’espacer davantage, voire de s’arrêter un temps.







